Chacun aura pu le constater, la météo de cet été aura comblé tous nos espoirs. La télévision nous a abreuvé de reportages montrant la satisfaction des vacanciers, des hôteliers, des restaurateurs, des marchands de glaces et globalement de tous ceux qui vivent du tourisme.

Et, pour une fois, la satisfaction était plutôt du côté des régions nord, « de la moitié nord » comme disent les météorologistes. Une région méditerranéenne qui se plaint et constate qu’il y a eu moins de feux de forets en raison de l’humidité et une région nord qui a vécu des records de chaleur et 9 semaines de soleil d’affilée. Des marchés de Provence qui avouent ne pas avoir de beaux légumes « en raison du temps pourri » et de belles tomates dès le mois juin en Nord Pas-de-Calais.

Si l’on sort de l’hexagone, Grèce, Portugal - mais aussi de manière moins habituelle - Finlande et Suède ont été soumis à des feux de forets ravageurs. Des tornades, des averses de grêles grosses comme des balles de tennis, de brusques montées des eaux ont donné, ces derniers mois, l’impression que le climat était bel et bien en train de changer radicalement. Des scientifiques, des climatologues, des écologistes ont été interviewés : ils convergeaient tous vers la certitude que le processus d’emballement était engagé. 

Je me souviens avoir lu, au tout début des années 2000, dans le livre de Nicolas Hulot : « Pour un pacte écologique », ce qu’était le phénomène d’emballement. Il y explique que l’humanité a la possibilité d’infléchir, par ses modes de vie, sur le CO2 et ainsi sur ses répercussions en termes de climat. Mais il nous alertait clairement : si la population de notre planète n’agissait pas suffisamment vite et fort, alors un seuil, un point critique serait dépassé et entraînerait un phénomène d’emballement. Par exemple, si nous laissons la banquise fondre, les rayons solaires ne seront plus renvoyés dans la stratosphère mais absorbés sur l’océan qui se réchauffera d’autant plus vite et accélérera la fonte de la banquise.

Je ne sais pas si c’est ce qui arrive actuellement. Nous devrions être alertés par tout ces dérèglements évidents : car il y va de « la sauvegarde de notre maison commune ». La création d’une citoyenneté écologique est urgente. Notre CPIE Villes de l’Artois y travaille tous les jours avec ses partenaires.

 

Philippe DRUON, Président du CPIE Villes de l'Artois