Canicule et sécheresse... Reconnaissons-le, les mois de mai, juin et juillet ont été particuliers. Ils nous ont révélés avec une grande évidence les dérèglements climatiques avec leurs cortèges de corollaires :

- une baisse inquiétante des niveaux des nappes phréatiques, en France et plus particulièrement dans les départements du Nord et du Pas-de-Calais,

- une canicule sévère faisant tomber tous les records antérieurs de températures maximum, ainsi Dunkerque passant d’un seul coup de 37 à 41,

- des feux de champs, en Artois, avant ou après récolte, et des pompiers se posant le problème de la nécessité de canadairs,

- des sapins séchant sur pied, dans les Vosges,

- des températures supérieures à 20° dans des régions proches des pôles et un permafrost libérant du méthane et des virus qu’on croyait oubliés,

- mais aussi un record des consommations d’été d’électricité en raison des climatisations des habitats et des lieux d’accueil du public. 

Tous ces signaux forts doivent nous interpeller. Ils inquiètent d’ailleurs nos experts des plus âgés comme Edgar Morin aux plus jeunes comme Greta Thunberg. Cela change-t-il nos habitudes, nos comportements, nos projets ? Difficile de répondre car, si nos convictions personnelles s’affirment au regard des preuves météorologiques, le changement de société, la transition, le nouveau modèle économique, restent à l’état de projets lointains et du domaine de l’utopie. 

 

Une excellente vidéo a été tournée et publiée sur Youtube, fin 2018, sous le nom “Effrondrement de la civilisation”. Très bien documentée, cette série française, en 3 épisodes (Urbain/rural, Habitats, Médecine et Santé), a été partagée plus de 400 000 fois. Elle propose - car le futur n’est jamais certain - des scénarii pour notre société et son fonctionnement après “l’effondrement”, c’est à dire après le “Pic Oil”, ce moment à partir duquel la raréfaction puis l’épuisement des énergies fossiles s’imposera à nous tous.

Ne croyons pas que cette date est lointaine : elle se situe entre 2040 et 2050. Une bonne vingtaine d’années. Une génération. Celle qui s’imposera à nous peut-être, à nos enfants ou petits-enfants inévitablement. Celle de Greta que certains refusent d’aller entendre !

Toutes les recherches d’économie de cette énergie fossile ne font que repousser la date de quelques années. Dérisoire. Car c’est bien sur l’émergence de cette nouvelle société économe, renouvelable, solidaire, qu’il nous faut travailler. Gaston Berger déclarait : “Demain ne sera pas comme hier. Il sera nouveau et il dépendra de nous. Il est moins à découvrir qu’à inventer !

 

Mieux que d’autres, peut-être, les CPIE comprennent la situation et les périls qui nous guettent si nous restons dans nos postures actuelles. Et ils rêvent d’embarquer les citoyens vers ce futur désirable. Voilà une belle feuille de route pour le CPIE Villes de l’Artois à la rentrée.

 

Bonnes vacances à tous.

 

Philippe DRUON, Président du CPIE Villes de l'Artois